Derniers Commentaires

Nos actions

La phrase du jour
En cette période de grand vrai printemps :

"Même pour le simple envol d'un papillon tout le ciel est nécessaire" (Paul Claudel).

"Il ya des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l'air e pleurer de joie" (Paul-Jean Toulet)


 





L'odyssée de Tom et sa balise

link : Tom et sa balise

 

Extrait d’un article dans Rapaces de France 

 

 

Suivi par satellite de la migration d’un balbuzard français


En juin 2006, un balbuzard natif de la forêt d’Orléans est équipé d’une balise Argos. Retour sur une opération inédite en France.

Suite à l’accord donné par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, une balise Argos est posée sur un balbuzard immature. François Baillon, ingénieur à l’Institut de Recherche pour le Développement (I.R.D.), qui conduit cette expérience avec l’appui du Groupe Pandion, espère ainsi améliorer la connaissance sur le comportement et l’écologie du balbuzard. Les interrogations qui subsistent sur l’émancipation, l’apprentissage de la pêche, le départ en migration et  l’écologie sur les quartiers d’hivernage, trouvent quelques réponses grâce à ce suivi. Grâce aux opérations de baguage qui ont lieu dans plusieurs pays d’Europe, certains aspects de la migration notamment sont déjà connus. On sait ainsi que les juvéniles stationnent généralement 2 à 3 ans sur les sites d’hivernage avant de tenter leur première reproduction en Europe.

La précision du matériel utilisé, une balise solaire Argos PTT 100 de 35 g équipé d’un système GPS, permet de connaître quotidiennement les activités de l’oiseau. On sait ainsi que l’oiseau s’est essayé pour la première fois à la pêche seulement deux jours après le premier envol, accompagnant son père. Malgré ces déplacements, près d’un mois après son premier vol, le juvénile consomme encore des proies amenées au nid par le mâle. Après avoir parcouru quelques km plein Est, où il fréquente pendant quelques jours un étang forestier, l’oiseau a vraiment commencé sa migration le 24 août, avant ses parents. Le 27 août, après avoir parcouru près de 300 km durant cette seule journée, il rejoint l’Espagne et passe la nuit auprès du Rio Cinca, en Aragon. Les jours suivants, la trajectoire sud-ouest, vers le détroit de Gibraltar, laisser présager le franchissement de la méditerranée. Contre toute attente, un changement de direction, difficile à expliquer, a lieu le 1 septembre. L’oiseau remonte vers le nord-est avant de franchir la frontière portugaise et d’atteindre les bords du Tage, où il a pu être photographié par un ornithologue portugais. Ce sera finalement le lieu d’hivernage choisi.

Bien sûr, il n’est pas possible d’extrapoler à l’ensemble de la population, les résultats de cet unique individu. Mais d’autres expériences de suivi satellitaire sont menées, notamment en Espagne dans le cadre d’un programme de réintroduction en Andalousie. Ces suivis démontrent la très grande endurance des balbuzards, capables de parcourir plusieurs centaines de kilomètre sans faire de halte. Le choix des sites d’hivernage reste cependant encore un mystère. Certaines populations de balbuzard, notamment celles du pourtour méditerranéen sont sédentaires tandis que d’autres hivernent en Afrique de l’ouest et d’autres encore stationnent un an au Portugal ou en Espagne avant de traverser le Sahara.

Fin mars, alors que les individus reproducteurs ont regagné leurs quartiers d’été, l’immature équipé reste fidèle au site. Peut-être attendra-t-il la migration d’automne pour traverser la méditerranée ? à moins qu’il ne choisisse un autre fleuve de la péninsule ibérique avant d’atteindre la maturité sexuelle ? La balise sera-t-elle encore en mesure de nous renseigner sur ses premiers ébats amoureux et le difficile apprentissage de la reproduction ?


 



Une exposition itinérante sur le Balbuzard pêcheur en Région Centre

Une exposition portant sur l'espèce a été crée, dès janvier 2008

par deux membres du Groupe Pandion (F.Baillon & B. Quintard)
et grâce au concours exceptionnel de M. Pénélope Drouet d'Ouzouer
sur Loire.
Après Ouzouer sur Loire en janvier, Jargeau, à la Maison de Loire en avril 2008
Tous nos remerciements à Cyril Maurer pour sa mobilisation et son
efficacité ainsi  l'équipe de Jargeau.
Fête de la Sange en Septembre au Château de Sully (45) :


En janvier et septembre un total approximatif de 2500 personnes
a visité l'exposition auquel il convient de rajouter environ
450 personnes sensibilisées à la beauté de cette espèce in situ.
Par ailleurs  une dizaine de classe de la région a également été
reçue autour de cette exposition, accompagnée des membres
du corps enseignants qui ont développés des thèmes pédagogiques
sur les rapaces, les migrations et la forêt.

 

 

Une expérimentation avec Argos

Tom, le jeune balbuzard balisé
et sa traversée de la France....



Cliché B. Quintard / Groupe Pandion

Du Loiret à l'Ariège....


Du 18 au 23 août : Peu d'informations, en réalité, sur les mouvements de Tom car les données satellitaires ont été reçues avec parcimonie, en raison, sans doute, de la météorologie instable. Pendant cette période Tom a été localisé plus que de coutume sur son aire ou en périphérie de sa parcelle de naissance. Très peu d'activités sur le site, même si une partie de la famille a encore été vue, plutôt le soir, en remise nocturne. A noter toutefois les observations de B. Quintard des 22, 23 et 25 août en Loire du père de Tom, en activité de pêche, toujours seul. Il ne dort plus, par ailleurs, sur le site du nid , comme c'est également le cas des autres jeunes et de sa femelle. Sans vouloir tirer de généralités Tom est donc bien parti en migration avant les adultes.

 

 

Jeudi 24 août 2006 : C'est le grand départ pour Tom !!! Son premier grand voyage, seul et sans « guide du routard » en poche. En fin de journée, de 19h00 à 21h00, il stationne au SW de Nevers (20km), dans le Bois d'Appremont, au sud de Nevy le Barrois et à 2 km de l'Allier, dans le Bois de la Boulée. Altitude : 224m. Distance parcourue dans la journée : Environ 150 km.

Le 25 août 2006 : Des données dès 05h00 du matin, puis 06h00 qui confirment la présence de Tom au même endroit que la veille. A 07h00 Tom va se nourrir à quelques centaines de mètres, en plaine. Le même jour, de 11h00 à 13h00, il est localisé dans la forêt de Dreuille, près de Cosne sur Allier, au NE du hameau de Tortezais et au sud de la forêt de Tronçais. A 340m d'altitude. A 13h00 il est proche de la verticale de St Pourçain sur Sioule, à 16km, et à 2 km du village de Theol, à 32 km de la veille. Vitesse : 56 km/h et 578m d'altitude. Puis Tom continue son épopée que nous suivrons à 14h00 (Vit. : 51km/h et 570m d'alt.), à 10 km au sud de Montmerault, sur la rivière la Courtine et à 30km à l'ESE de Montluçon. A 15h00, il est à 15km du point précédent, à 6km de Montmarault à côté de Louroux de Beaune (Vit. 44 km/h, 756m d'alt.). A 16h00, il est en lisière du Parc Régional des Volcans d'Auvergne, à 12 km au NE de Pontaumur, au dessus de gorges particulièrement escarpées.


Le 26 août 2006 : Cinq données pour la journée à 06h00, 07h00 et 08h00 puis à 15h et 16h00. A 06h00, Tom se trouve à 14 km au N de Bourboule, volant au dessus de l'autoroute E 70. A 07h00, il est localisé à 14 km à l'Est d'Ussel (Corrèze) et longe les gorges de la Dordogne. A 08h00 il est à 10 km du point précédent, en direction de Borg les Orgues où il semble tenter de pêcher sur le célèbre barrage. Plus tard dans l'après-midi Tom est situé dans un triangle Decazeville/Congres/Marcillac, dans la région de Rodez.


Le 26 août : Les données complémentaires à celles déjà reçues s'étalent de 09h00 à 17h00 et nous donnent les informations suivantes : Tom s'est attardé sur le barrage de Bort les Orgues jusqu'à 10h00 du matin et a été localisé sur trois secteurs différents, deux au nord et un au sud de la retenue. Le même jour, à 11heures il prospecte les gorges de Chavanon, toutes proches du village de Lanobre. A midi il quitte ce secteur et se dirige vers le sud, localisé à 2.5km de la Dordogne et à 3 km de Sourniac et se dirige vers le barrage du Chastang, au nord d'Argentat (Cantal). A 14 h 00, il entreprend un grand saut, toujours vers le sud, de 27 km qui le localise entre Decazeville et Maurs (Aveyron). A 16h00 il se trouve à l'ouest de Marcillac, 26 km plus bas. A 17h00 il aura progressé de 31 km en une heure et passe à la verticale de Najac puis des gorges de l'Aveyron.


Le 27 août : Pas moins de 12 localisations sur la journée, réparties entre 04h00 du matin et 18 heures. Et, en prime, le franchissement de la chaîne des Pyrénées !! Entre 04h00 et 06h00 du matin Tom est sur le même site que la veille au soir c'est-à-dire très précisément localisé à 1km au nord de Rabastens (Ouest de Mielan-juste à la limite des départements 65 et 32) où il a dormi en lisière d'un bois situé à l'extrémité d'un chemin et à quelques mètres d'une rivière. A 07h00 il est de nouveau posé à 3,5km du point précédent, en lisière d'un boqueteau entouré de champs, à 600m d'une usine et à 830m de l'autoroute A68. A 08h00 du matin puis à 09H00 il est respectivement au dessus de Montpitol puis, 18km plus bas, à 12km à l'Est de Toulouse. A 10h00 du matin il continue son périple vers le sud en étant localisé entre St Sulpice et Auterive (à l'aplomb de Lagrâce-Dieu - Département 31), puis à 11h00, il passe au dessus de la Grangette à 8km au sud de Montesquieu. Au sol, le terrain commence à se rider ; Tom part en direction d'Audressein à l'Est de St Gaudens et de Bagnères de Bigorre.
Toute une série de monts se dressent désormais devant lui. Département Ariège. Il fera alors 52 km selon un azimut NS et franchira les Pyrénées entre le Cap de la Pique et le Pic de Crabère (environ 2050m), peut-être par le col d'Aouéran pour arriver à 14h00 en Espagne dans le Parc national d'Aiguestortes. Tom continue ensuite dans la direction WSW vers la ville de Laguarres à 48 km du point précédent puis, enfin, à Albalate de Cinca (sur le Rio Cinca), à 106 km du col pyrénéen.

Total de km parcouru depuis son départ ce matin : 290 km !!

 

Carte retraçant l'itinéraire de Tom lors de sa première grande migration vers le sud....

La célèbre Agence CLS de Toulouse vient de faire parvenir cette maquette (Avril 2009), haute définition relatant les suivis
satellitaires en Europe.




Comment intégrer le Groupe Pandion




















































































































Jeudi 14 mai 2009
Cette exposition a été crée en janvier 2008 à l'initiative de F. Baillon, B. Quintard (Association Groupe Pandion) avec l'aide inconditionnelle de Mme Pénélope Douet de la Commune d'Ouzouer sur Loire (45).

Présentée  dans un premier temps dans la Commune d'Ouzouer sur Loire (45) en Janvier 2008 cette exposition a ensuite été demandée par la Commune de Jargeau (45). En septembre elle avait accueilli près de 4500 visiteurs. La presse régionale ayant parfaitement relayée l'information au delà des frontières départementales la Maison de Loire de Montlouis (37) l'a accueillie au cours de l'hiver 2008-2009.  Plus d'une cinquantaine de classes du milieu scolaire ont visité, à ce jour, l'exposition.

En 2009 changement de cap avec une demande originale de la part d'un particulier, restaurateur à Chatillon sur Loire (45) qui exposera quelques photos dans ses salles de restaurant et le reste de l'exposition dans une salle attenante.

Voici quelques extraits, très encourageant, tirès du livre d'Or :













- Par Pandion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Lundi 11 mai 2009

Une belle synthèse de David Larousserie extrait de Sciences et Avenir

Comment les oiseaux gardent-ils le cap ?


Après des années d'études mouvementées, les chercheurs commencent à cerner les facteurs impliqués dans la capacité d'orientation des oiseaux migrateurs, un véritable sixième sens.

Chaque année, le printemps voit revenir sous nos latitudes les hirondelles ou les cigognes blanches qui parcourent des milliers de kilomètres depuis leurs quartiers d'hiver africains au nord de l'équateur. Histoire sans doute de profiter du voyage, ces dernières ne rentrent pas en ligne droite, mais traversent la Méditerranée par l'Espagne et le détroit de Gibraltar. Les trajectoires de leurs cousines de l'est de l'Europe sont encore plus compliquées depuis l'Afrique du Sud, en passant par le canal de Suez, la péninsule Arabique, la Turquie et le détroit du Bosphore. Pendant ce temps-là, la sterne arctique est en plein tour du monde, longeant du nord au sud les côtes africaines, puis remontant par l'Amérique du Sud, afin de rester le plus longtemps possible au soleil.
De toute évidence, les oiseaux migrateurs ne perdent donc jamais le nord ! Contrairement aux ornithologues qui, eux, peinent toujours à décrypter cette sorte de sixième sens animal qui leur permet de suivre leurs longues trajectoires sans erreur possible. «Notre motivation est de comprendre comment de si «petites» cervelles peuvent réaliser de telles performances», résume Henrik Mouritsen, qui étudie justement les circuits neuronaux de l'orientation à l'université d'Oldenburg, en Allemagne.

En dépit de décennies de recherches, les scientifiques sont loin d'avoir identifié avec certitude les stimulus utilisés par les oiseaux pour se repérer.



Qui dit boussole dit carte

 

Font-ils appel au Soleil, aux étoiles, aux montagnes, aux fleuves, aux odeurs, au champ magnétique terrestre ? Tout cela ensemble ? Existe-t-il une hiérarchie entre ces signaux ? En outre, comme le sait tout navigateur, utiliser une boussole sans disposer d'une carte n'est guère utile. Et inversement. Il faut donc que les oiseaux disposent, eux aussi, de ces deux types d'instruments pour fixer les points de départ et d'arrivée et garder le cap. Mais quelle carte ? Quelle boussole ? Quels signaux ? Quel détecteur biologique pour analyser ces signaux ? Déjà compliquées, ces recherches se doublent, en outre, d'un écueil inattendu : les violentes polémiques qui agitent le petit monde des chercheurs ! Car la bataille fait rage entre spécialistes... «J'ai arrêté de travailler sur les pigeons voyageurs et leur «carte» car chacun s'enferre dans ses convictions et il n'est plus possible de discuter», témoigne Francesco Bonadonna, qui, au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS, Montpellier), étudie albatros et pétrels. «Avec le pigeon, quoi que vous publiiez, vous aurez la moitié du monde contre vous !», confirme Henrik Mouritsen. Lors des congrès internationaux, les noms d'oiseaux volent donc bas... D'autant - difficulté ou avantage supplémentaire ? - que le sujet est devenu très interdisciplinaire. Les ornithologues et les éthologues ont été rejoints dans les volières par les chimistes, physiciens, neurobiologistes, informaticiens, ingénieurs pour mettre au point de nouvelles techniques, comme les «mouchards» électroniques ultralégers, pour suivre l'itinéraire de ces intrigants nomades (lire p. 65). Cacophonie garantie ! L'histoire de cette recherche mouvementée commence dans les années 1950. Grâce à un dispositif ingénieux, l'Allemand Gustav Kramer identifie le rôle du Soleil dans l'orientation des étourneaux. Par un jeu de miroirs, il parvient à déplacer artificiellement la position apparente du Soleil et s'aperçoit alors que les oiseaux pointent leur bec dans sa direction avant de prendre leur envol. Quelques années plus tard, le même dispositif montrera leur sensibilité à la position des étoiles. Mais cette découverte appelle d'autres questions : le Soleil bougeant en fonction de l'heure, comment les oiseaux font-ils pour faire correspondre la direction qu'ils souhaitent suivre avec la position de l'astre ? L'hypothèse d'une horloge interne semble incontournable, sinon comment retrouver son nid si l'on confond aube et crépuscule ? C'est un autre Allemand, Klaus Schmidt-Koenig, qui confirme l'existence de cet te horloge en 1958. En parvenant à décaler cette dernière par une modification de l'alternance jour/nuit, il constate que ses petits cobayes partent dans une direction décalée par rapport à la direction habituelle. Ce décalage correspondant donc bien à celui imposé par le bouleversement de l'horloge interne. Mais les oiseaux volent aussi par temps couvert sans se perdre pour autant ! Soleil, étoiles et horloge interne ne suffisent donc pas à clore le débat.

 

Il faudra attendre dix années pour que Roschwita et Wolfgang Wiltschko, de l'université de Francfort (Allemagne), proposent une explication : celle du repérage grâce au champ magnétique terrestre. Cet indice n'appartient-il pas à l'arsenal des navigateurs, au même titre que les étoiles ou le Soleil ? De fait, les résultats sont surprenants. Enfermés dans une cage, les rouges-gorges indiquent effectivement avec leur tête une direction variable en fonction du champ magnétique régnant au-dessus d'eux... Mais leur boussole ne ressemble en rien à celle des hommes ! Elle n'indique pas le nord ou le sud, mais l'inclinaison par rapport à la verticale. Ainsi, sans changer les pôles, mais en inversant simplement la composante verticale, les chercheurs ont réussi à faire décoller leurs cobayes à l'opposé de leur choix habituel, faisant ainsi virtuellement filer des rouges-gorges plein nord en hiver (voir le schéma p. 63). Les mêmes chercheurs ont confirmé leurs travaux en 2007, en recensant une vingtaine d'espèces possédant ce curieux compas magnétique : fauvettes, gobe- mouches, pigeons voyageurs et même poulets ! Certes, les poulets ne migrent pas, mais les chercheurs ont réussi à leur apprendre le sens de l'orientation... pour mieux les désorienter ensuite à coup de champ magnétique.



On vole aussi «à vue de nez»


Les chercheurs commençaient à peine à s'étriper sur le fait de savoir qui, du champ magnétique ou du Soleil, dominait l'autre et servait à le recalibrer, lorsqu'une équipe italienne de l'université de Pise jeta un nouveau pavé dans la mare dans les années 1970. Floriano Papi proposa l'hypothèse d'un troisième stimulus, l'olfaction ! Il avait observé que des pigeons voyageurs dont le nerf olfactif avait été sectionné se trouvaient soudain dans l'incapacité de rentrer au pigeonnier. D'autres expériences, moins cruelles, furent menées en bouchant le nez des oiseaux, en leur anesthésiant la muqueuse olfactive ou en leur faisant respirer des atmosphères différentes. Avec des résultats similaires. Tout récemment encore, les travaux d'une autre équipe de l'université de Pise sont venus confirmer l'idée que les oiseaux se déplacent aussi à «vue de nez». Depuis, le débat enfle ! D'autant que les résultats semblent dépendre de l'endroit où sont menées les expériences. «Les chercheurs d'Allemagne, d'Amérique du Nord, du Royaume-Uni ou d'Italie ne tombent pas toujours sur les mêmes conclusions», explique Francesco Bonadonna. «Peut-être le paysage olfactif italien est-il plus riche que le britannique ? Je pense plus simple- ment que ces animaux utilisent le sens le plus adapté à leur situation», tempère le chercheur.
Soleil, étoiles, champ magnétique, odeurs..., tout semblerait donc utile. Y compris les repères visuels. A la même période, dans les années 1970, il a en effet été démontré par Floriano Papi qu'un pigeon voyageur était capable de suivre les côtes, les fleuves, les voies de chemin de fer ou les routes sans se fatiguer à calibrer en permanence sa boussole par rapport au Soleil ou en la calant sur le champ magnétique. Voler étant déjà un exercice extrêmement éprouvant pour ces athlètes des longues distances, toute «économie» biologique est donc la bienvenue... En 2004, des micro-GPS installés sur le dos de pigeons ont permis de confirmer cette habileté à suivre «de visu» des chemins naturels ou artificiels (lire l'encadré p. 64). Ces mesures ont été établies par deux équipes différentes, utilisant les mêmes appareils... mais refusant bien évidemment de publier ensemble !

LES RECORDS


Le bec contient de l'oxyde de fer

Mais si des signaux existent bien, comment l'animal fait-il pour les détecter ? Pour les repères visuels, la réponse semble évidente : l'oeil. Pour les repères olfactifs, ça se complique. A quelles odeurs les oiseaux sont- ils sensibles ? Les explications données ne sont pas encore très claires. Seule certitude : le nez est effectivement un organe très sensible chez les oiseaux. «Nous avons fait respirer différents gaz à des pétrels et observé leur rythme cardiaque. Pour des concentrations infimes, leur corps réagit !», explique Francesco Bonadonna. Une chercheuse de l'université de Californie aurait même identifié l'une de ces probables molécules «traçantes» : un gaz émis par le phytoplancton attirerait les oiseaux de haute mer, les guidant sur leur chemin. Reste alors le cas du dernier stimulus, le champ magnétique. «Longtemps nous n'avons eu aucune idée de ce qui pouvait détecter ce champ chez les oiseaux. Aujourd'hui nous sommes comblés car nous avons deux mécanismes !», s'enthousiasme Roschwita Wiltschko. Histoire de ne froisser personne, la chercheuse avance l'hypothèse que les deux mécanismes seraient utilisés en même temps. L'un pour détecter l'intensité du champ, l'autre pour repérer son inclinaison. Le premier est assez simple. Les oiseaux - du moins les pigeons voyageurs - abritent dans leur bec une myriade de petits cristaux métalliques d'oxyde de fer d'à peine quelques nanomètres. Ces particules se comportent comme les aiguilles d'une boussole en s'orientant le long des lignes de champ magnétique. Ces magnétites ont été découvertes pour la première fois dans des bactéries en 1963 : ce sont elles qui leur permettent de repérer le «haut» du «bas» dans le sol. Les chercheurs s'étaient même rendu compte qu'ils pouvaient déplacer ces colonies bactériennes à leur guise, en promenant un aimant au-dessus d'elles...
Chez les oiseaux, le mécanisme d'action est moins clair. La force du champ magnétique n'est pas suffisante pour déplacer une tête entière vers un pôle ou l'autre car il est d'environ 50 mi-croteslas, soit quelques millièmes de moins qu'un aimant de couturière. Tout se passerait donc au niveau microscopique. Les cristaux se déplaceraient collectivement, induisant des contraintes sur certaines cellules qui finiraient par lancer des signaux chimiques au cerveau... A l'appui de cette thèse, des expériences ont montré qu'il était possible de démagnétiser ces cristaux, comme une carte magnétique perd ses propriétés au voisinage d'un autre aimant : en appliquant un champ magnétique intense sur les becs des pigeons, on parvient effectivement à les désorienter.
Le second mécanisme, encore plus subtil, fait appel à la chimie et à la mécanique quantique. Convertie en énergie, l'intensité du champ magnétique terrestre est des millions de fois plus faible que celle due à l'agitation des molécules sous l'effet de la température dans les cellules. Impossible donc de penser transformer une molécule en une autre sous l'effet de ce champ. Il existe cependant une famille de réactions chimiques susceptibles d'être influencées par le champ magnétique. Si ce dernier ne peut pas créer une molécule A indiquant aux oiseaux où est le nord et une molécule B leur donnant le sud, il peut en revanche subtilement arbitrer l'équilibre de la production entre A et B. Au début des années 1980, Klaus Schulten, de l'université de l'Illinois (Etats-Unis), a justement proposé un tel scénario qui fait appel à la mécanique quantique et qui a été validé par des simulations numériques quinze ans plus tard. La recette nécessite l'existence d'une première molécule qui, pour une raison ou pour une autre, fournit deux produits assez instables et ayant des propriétés magnétiques différentes. Ils peuvent ainsi recéler en leur sein des électrons libres, par exemple. La présence d'un champ magnétique influence cette réaction et entraîne la production de ces deux composés en plus ou moins grande quantité, chacun étant susceptible de se transformer en l'autre. Les proportions respectives de ces produits indiquent alors la nature exacte du champ magnétique à ce moment-là. Restait aux chimistes à démontrer qu'il était possible de reproduire cette réaction expérimentalement et aux biologistes de vérifier que les oiseaux abritent bien ce genre de réactions... Pas simple !


Les chimistes ont pu crier victoire les premiers en 2008 lorsque l'équipe de Peter Hore de l'université d'Oxford (Grande- Bretagne) a réussi à confirmer l'expérience. Elle a effectivement prouvé qu'un champ magnétique excessivement faible peut changer l'équilibre entre deux produits instables. Elle a également démontré que ce système n'est pas uniquement sensible à l'intensité du champ magnétique, mais aussi à son inclinaison. Problème : la molécule ainsi créée était un «monstre» de laboratoire adapté à l'expérience, mais rien ne prouvait son existence chez les animaux. Heureusement, les biologistes ont mis les bouchées doubles et sont parvenus à identifier un candidat naturel présent dans les yeux des oiseaux. En reprenant leurs rouges-gorges, les Wiltschko ont montré que, s'ils étaient désorientés dans le noir, ils l'étaient aussi en présence de lumière jaune ou rouge. En revanche, ils gardaient le cap sous les feux d'une lumière bleue ou verte. Les fauvettes comme les autres passereaux et les pigeons voyageurs auraient donc un sixième sens photosensible, et cette variabilité de la réponse en fonction de la longueur d'onde constitue bien un indice en faveur de ce mécanisme chimico- quantique. En outre, comme d'autres équipes, les Wiltschko ont réussi à désorienter leurs cobayes, non en démagnétisant leur capteur avec un fort champ magnétique, mais en variant très rapidement la direction de ce champ. Ce qui serait une marque supplémentaire du type de réaction chimique ad hoc.


Forts de ces résultats, les scientifiques ont focalisé leurs recherches sur une molécule photoréceptrice, très à la mode depuis sa découverte chez les plantes en 1993, puis chez les souris, les mouches et même les hommes. Appelée cryptochrome, cette protéine tient un rôle différent selon les espèces : elle conditionne le bon développement des plantes, contrôle les rythmes circadiens chez les mouches... Pourquoi n'influencerait-elle pas le sens de l'orientation chez les oiseaux ? «Nous n'avons aucune preuve définitive mais des indices très concordants», précise Margaret Ahmad, de l'université Paris-VI, la découvreuse du cryptochrome, qui collabore désormais avec des ornithologues. En 2007, elle a montré que la croissance des plantes est affectée par un champ magnétique. Parallèlement, en 2008, l'équipe de Steven Reppert, de l'université du Massachusetts (Etats-Unis), a constaté que des lignées de mouches génétiquement modifiées et dépourvues de cryptochrome ne réagissaient plus au champ magnétique, contrairement à leurs congénères témoins. En serait-il de même pour les migrateurs ?

Eteindre les gènes


L'idéal, pour prouver le rôle déterminant du cryptochrome, serait donc de refaire ces expériences avec des oiseaux. Les Wiltschko envisagent ainsi de modifier génétiquement des poulets déjà dressés pour s'orienter avec le champ magnétique afin de vérifier l'hypothèse. Henrik Mouritsen songe, lui, à éteindre ces gènes grâce à la technique d'interférence ARN (lire Sciences et Avenir n° 731, janvier 2007). «Dans cinq à dix ans, cette question devrait être réglée», espère Roschwita Wiltschko. Pas si sûr... car un problème subsiste ! Dans l'organisme, les molécules bougent en permanence. Dans ces conditions, comment peuvent-elles servir à indiquer une orientation ? «La nature fait parfois des choses incroyables», préfère répondre, optimiste, Margaret Ahmad. A voir...
Autre interrogation qui agite la communauté des chercheurs : comment ces informations remontent-elles au cerveau des oiseaux ? Pour les signaux visuels, le chemin neurologique semble évident : le câblage de la rétine au cerveau est connu de longue date. Pour les odeurs aussi. Les bulbes olfactifs des oiseaux sont très développés par rapport au reste du cerveau. Pour autant, comment et où sont stockées les informations et comment sont-elles traitées ? Et comment les oiseaux font-ils pour traiter les informations émanant du champ magnétique terrestre ? Si l'hypothèse des chimistes est correcte, le sens de l'orientation pourrait être lié au système visuel des oiseaux. C'est ce que tente de prouver l'équipe de Henrik Mouritsen. En 2005, ces chercheurs ont démontré des différences d'activité cérébrale entre des espèces migrant la nuit, comme la fauvette des jardins et le merle noir, et celles sédentaires mais nyctalopes comme le serin et le diamant noir. Une zone, située vers l'avant du cerveau, semble plus active chez les migrateurs nocturnes que chez les autres. Deux ans plus tard, la même équipe a établi un lien entre cette zone et la rétine, via le thalamus visuel, pour les migrateurs. La rétine «enregistrerait» donc le motif magnétique, comme elle capte les pixels d'une image. Cette «carte» serait alors transmise au cerveau.
Mais la démonstration complète reste conditionnée par celle du rôle exact des protéines photoréceptrices dans l'élaboration de cette représentation mentale du paysage magnétique. Des années de recherches en perspective... A ces capacités cérébrales étonnantes, il faut ajouter une donnée beaucoup plus classique, mais déterminante : celle de l'apprentissage. Si l'utilisation d'une «boussole» biologique peut relever de l'inné, se positionner sur une «carte» relève plutôt de l'acquis. Les jeunes migrateurs ne peuvent pas avoir dans leurs gènes ou inscrite dans leurs cerveaux la carte de l'emplacement exact de leur lieu de naissance, qu'elle soit magnétique ou olfactive. Ils l'apprennent au contact de leurs parents ou de leurs congénères. Incontestablement, il y en a dans ces cervelles d'oiseaux !

 

Des balises Argos et des lentilles opaques

Posée sur le dos d'une cigogne noire en France, une balise Argos va permettre de suivre la migration de l'oiseau vers l'Afrique puis son retour en Europe. A gauche, ce pigeon voyageur porte des lentilles opaques pour bloquer son champ visuel. Objectif de l'expérience : tester sa capacité d'orientation grâce au champ magnétique.


Le suivi des migrateurs se miniaturise

«Les gens ont souvent du mal à comprendre pourquoi je m'intéresse aux oiseaux migrateurs. Depuis l'épidémie de grippe aviaire, ça leur apparaît plus clairement. Il fallait bien connaître leurs routes migratoires pour vérifier - puis invalider - l'hypothèse de la transmission du virus par leur intermédiaire», explique Francesco Bonadonna, du Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive (CNRS, Montpellier). Participer au suivi sanitaire des populations n'est qu'une application parmi d'autres du travail des ornithologues. Suivre les migrateurs est aussi un moyen d'être alerté sur des changements climatiques ou environnementaux. Une étude européenne parue sur le site PLoS One du 4 mars montre par exemple que sur 122 espèces suivies, 92 devraient voir leur population diminuer sous l'effet du réchauffement. Les oiseaux partent plus tard, leur aire de reproduction et leurs zones d'habitat changent... Depuis longtemps, les ornithologues choisissent des «spots» pour observer le comportement de ces messagers. En France, la baie de Somme est réputée pour les mouettes rieuses, les goélands argentés ou l'oie des moissons. Au col de l'Escrinet, en Ardèche, les passionnés comptent le passage des cigognes blanches et noires, des milans ou des ramiers. De même au col basque d'Organbidexka pour les passereaux ou les grues. Au baguage classique des volatiles - qui permet de retrouver un oiseau de lieu en lieu - sont venus se substituer petit à petit les systèmes de localisation par satellite. Les signaux sont repérés grâce aux balises Argos accrochées sur le dos de gros oiseaux comme les albatros ou les cigognes noires. A raison d'un ou deux points de références par jour, il est cependant difficile d'évaluer correctement le comportement quotidien d'un volatile. Plus performant, le GPS en version miniature a alors fait des émules.


Cette fois, plusieurs points par minutes sont enregistrés ! En les accrochant au dos de pigeons en 2004, deux équipes des universités d'Oxford et Zurich ont pu montrer la propension de ces oiseaux à suivre les voies de chemin de fer ou les autoroutes. Mais l'inconvénient de ce dispositif reste son poids. Impossible, pour l'instant, d'en équiper des oiseaux d'une centaine de grammes, comme l'infatigable sterne arctique. Sa migration, dans le détail, reste donc un mystère. Pour de tels poids plume, le s chercheur s imaginent d'autres techniques beaucoup plus légères. Une équipe canadienne de l'université York (Toronto) a ainsi pu suivre des grives des bois et des hirondelles noires, qui pèsent moins de cinquante grammes, dans leur voyage de plusieurs milliers de kilomètres entre les Etats-Unis et l'Amérique centrale et du Sud (voir ci-dessus). Son «mouchard» était 25 fois plus léger. Ce n'est pas un GPS mais un enregistreur de luminosité, dont les données ne peuvent être utilisées qu'une fois l'appareil récupéré. A terre, de savants calculs permettent alors de retracer les routes à partir de la position connue du Soleil et de l'éclairement mesuré par l'appareil. Même si la moitié des oiseaux équipés n'ont pu être récupérés, les chercheurs ont établi que leurs performances journalières étaient deux fois plus importantes que prévues : plus de 500 kilomètres en moyenne pendant treize jours pour l'hirondelle la plus performante !

David Larousserie

Sciences et Avenir

 

- Par Pandion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Mardi 3 mars 2009

Le déclin et la reconstitution des populations de Balbuzards dans le bassin des Grands Lacs

Le déclin et la reconstitution des populations de Balbuzards dans le bassin des Grands Lacs

Les BalbuzardsLes Balbuzards (Pandion haliaetus) ont déjà été abondants dans les eaux basses, le long des rives des Grands Lacs. Il y a 100 ans, le naturaliste canadien de renom, James Henry Flemming, a observé des Balbuzards nichant dans l'ensemble de la baie Georgienne, sur le lac Huron. Or, dans les années 1960, les Balbuzards avaient cessé de nicher dans cette région. En 1973, un couple construisit un nid au faîte d'un poteau d'électricité et, en 1993, la population de la baie Georgienne avait dépassé les 50 couples. Cette tendance s'est manifestée dans d'autres régions des Grands Lacs. Comment expliquer la disparition des oiseaux et la reconstitution subséquente de leurs populations?

Le bassin des Grands Lacs compte aujourd'hui plus de 36 millions d'habitants, c'est-à-dire un Canadien sur trois et un Américain sur neuf. La croissance démographique et le développement industriel au cours du présent siècle, en particulier depuis les années 1940, ont entraîné la disparition des habitats naturels et favorisé l'utilisation et le rejet généralisés d'une foule de produits chimiques synthétiques. Déjà, dans les années 1960 et au début des années 1970, les oiseaux et le reste de la faune aquatique des Grands Lacs éprouvaient des problèmes de reproduction. Les oiseaux ichtyophages tels que le Balbuzard sont exposés à des contaminants toxiques dans les Grands Lacs par le biais des poissons qu'ils consomment. Depuis le début des années 1970, les biologistes ont étudié les oiseaux dans le bassin des Grands Lacs dans le but de suivre, chez ceux-ci, l'évolution des niveaux de produits chimiques toxiques et leurs effets biologiques. Comme ces oiseaux sont au sommet du réseau trophique en milieu aquatique, ils peuvent servir de baromètre ou d'indicateur des conditions écologiques.

La présente fiche technique examine les problèmes auxquels les Balbuzards ont eu à faire face au cours du XXe siècle dans la région des Grands Lacs. Elle donne un aperçu des divers facteurs qui ont eu des répercussions sur les populations d'oiseaux nicheurs, y compris les effets dramatiques des contaminantsorganochlorés persistants, notamment le pesticide dichloro-diphényl-trichoréthane (DDT) et son métabolite, le 1,1-dichloro-2,2-bis(p-chlorophényl)éthylène (DDE), qui sont à l'origine de l'amincissement des coquilles d'oeufs de nombreuses espèces et leur susceptibilité à la rupture avant l'éclosion. La fiche technique décrit également les démarches entreprises récemment pour reconstituer les populations de Balbuzards et examine leur rôle potentiel comme espèce baromètre pour ce qui est des effets des contaminants toxiques et des autres facteurs d'agression dans l'écosystème du bassin des Grands Lacs.

Un Balbuzard nourrissant ses petits de poissons

Le Balbuzard

Les Balbuzards sont des oiseaux spectaculaires et uniques, occupant le sommet du réseau trophique en milieu aquatique. Ce sont des oiseaux de proie comme les aigles, les buses, les éperviers et les faucons. Ils sont munis de serres acérées et puissantes et d'un bec recourbé pour manipuler leur proie. À la différence des autres oiseaux de proie, les Balbuzards consomment presque exclusivement du poisson. Leur méthode de capture est spectaculaire : ils plongent parfois d'une hauteur de 40 mètres. Le doigt extérieur opposable (qui peut être bougé vers l'avant ou l'arrière) et les épines acérées sur la plante des pieds aident le Balbuzard à tenir le poisson frétillant jusqu'à ce qu'il puisse se percher, à l'abri du danger. Les Balbuzards sont de grands oiseaux de 1,5 à 2,0 kg dont l'envergure atteint 1,6 mètres. Les mâles sont légèrement plus petits que les femelles. La famille des Balbuzards (Pandionidæ) compte une seule espèce, répandue dans la plupart des régions du globe, sauf les régions polaires. Les Balbuzards nicheurs sont répandus dans certaines régions d'Amérique du Nord et la plupart effectuent une migration pouvant atteindre 8 000 km vers des gîtes d'hivernage en Amérique du Sud ou en Amérique centrale (voir la figure 1). Les populations qui nichent en Floride, en Californie et dans certaines régions de l'Amérique du Sud et des Caraïbes ne migrent pas. Le Canada accueille au moins le tiers de la population des Balbuzards nicheurs. Certains nichent près de l'eau salée, souvent en colonies éparses, mais la plupart nichent en couples disséminés de par le vaste réseau de lacs et de rivières d'eau douce de l'intérieur des terres.

Les Balbuzards occupent les aires de couvaison du Canada, du début d'avril à septembre. Leur grand nid de branches est habituellement construit au faîte des arbres morts, à proximité de la rive ou dans l'eau. Les Balbuzards sont des oiseaux qui s'adaptent facilement, tolèrent souvent les humains et nichent volontiers sur diverses structures artificielles telles que les poteaux d'électricité, les caches de chasseurs, les pylônes hertziens et les tours de feu de navigation. Dans le bassin des Grands Lacs, la ponte, composée de trois oeufs, se fait à la fin d'avril ou au début de mai, environ trois semaines après l'arrivée des oiseaux. L'incubation est d'environ 40 jours. Les juvénaux prennent habituellement leur envol à la mi-juillet lorsqu'ils ont environ 35 jours mais, comme ils dépendront des parents pour leur alimentation, restent à proximité de l'aire de nidification pendant environ trois semaines.

Les Balbuzards mâles pêchent presque tout le poisson destiné à la famille tandis que les femelles restent au nid presque tout l'été. Dans la région des Grands Lacs, les oiseaux consomment une grande variété d'espèces de poissons, probablement en fonction des ressources locales (voir la figure 2). Les ratons laveurs sont les principaux prédateurs des oeufs de Balbuzards et il arrive que le Grand Duc d'Amérique (Bubo virginianus) tue des oisillons ou même des Balbuzrds adultes.

Les Balbuzards canadiens passent les deux premières années de leur vie en Amérique centrale ou en Amérique du Sud et ne tentent habituellement pas de nicher avant l'âge de trois à cinq ans. Étonnamment, même si les Balbuzards sont des migrateurs de longue distance, les jeunes oiseaux reviennent habituellement nicher dans un rayon de 50 km de leur lieu de naissance. La colonisation de nouvelles régions est donc relativement lente.

En moyenne, un peu plus de 50 % des Balbuzards meurent avant d'atteindre un an. Environ 10 à 15 % des adultes meurent chaque année, ce qui équivaut à une espérance de vie moyenne chez les adultes de 6 à 10 ans. Toutefois, certains ont atteint l'âge vénérable de 25 ans. Pour que la population se maintienne, le nombre de remplaçants dans la population nicheuse doit compenser les pertes attribuables à la mortalité adulte. Dans certaines régions du nord-est américain, des biologistes ont calculé qu'un couple de Balbuzards doit produire, en moyenne, 0,8 rejetons par année pour maintenir la stabilité de la population. Ce point d'équilibre peut varier selon des facteurs tels que la disponibilité de lieux de nidification convenables, l'âge du premier accouplement et le taux de mortalité.

Figure 1 : Aire de nidification et d'hivernage des Balbuzards en Amérique du Nord et du Sud (tiré de Poole, 1989).
Figure 2 : Composition du régime des Balbuzards dans la région des Grands Lacs, fondée sur 609 éléments de régime recueillis dans les nids en 1991 et 1992.

Quatre Balbuzards dans un nid
Quatre Balbuzards dans un nid

Les décroissances

La première manifestation de la présence de Balbuzards dans la région des Grands Lacs canadiens consiste en des ossements découverts aux abords du lac Huron par des archéologues faisant des recherches sur des sites autochtones occupés durant le XVIe siècle. Vers la fin du XIXe siècle, on trouvait des Balbuzards partout en Ontario, sauf à l'extrême sud-ouest où les grands arbres avaient disparu. Ils nichaient de façon courante autour du lac Supérieur, du lac Huron et probablement aussi sur certaines rives du lac Ontario et du lac Érié.

On a pu observer une certaine décroissance avant les années 1930, en particulier autour des Grands Lacs inférieurs. La récolte des grands pins pour le bois d'uvre a probablement réduit le nombre de lieux de nidification convenant aux Balbuzards et, comme bien des grands oiseaux au début du siècle, il arrivait souvent que les Balbuzards soient victimes de chasseurs. Contrairement à la situation en Europe, il ne semble pas que les collectionneurs d'oeufs ou les amateurs de tableaux de chasse aient eu une influence significative sur le nombre de Balbuzards nicheurs en Amérique du Nord.

Ces premières décroissances de la population ont probablement été relativement lentes et faibles. Elles ont été éclipsées par les chutes spectaculaires qui se sont produites entre les années 1940 et les années 1970, autour des Grands Lacs. Les ornithologues de diverses régions décrivent la dépopulation des Balbuzards en utilisant des expressions telles que « transformation alarmante » et « seuls quelques-uns demeurent, de tristes reliques ». Durant cette période, les populations de Cormorans à aigrettes (Phalacrocorax auritus) et de certains autres oiseaux ichtyophages nichant autour des Grands Lacs ont subi un effondrement semblable.

Comme souvent dans le cas de problèmes écologiques, l'étude détaillée des populations de Balbuzards ne s'est amorcée qu'après la constatation d'un problème; il n'existe donc pas de dénombrement précis antérieur aux années 1960. Toutefois, les années 1960 et le début des années 1970 ont été des périodes de dépopulation critiques pour les Balbuzards des Grands Lacs. Le nombre de Balbuzards a aussi chuté, au même moment, le long d'une bonne partie de la côte atlantique des États-Uni. Une décroissance s'est manifestée ailleurs au Canada, mais fut moins dramatique, particulièrement dans les régions éloignées du nord.

Les problèmes de reproduction

Les premières indications de problèmes de reproduction chez les Balbuzards nord-américains sont venues de la Nouvelle-Angleterre, au milieu des années 1960. Peu d'oisillons étaient produits et l'examen des nids révélait souvent des oeufs non éclos ou fêlés ou, tout simplement, des fragments de coquilles. Les mêmes phénomènes ont été observés chez les Balbuzards du bassin des Grands Lacs.

Dans les années 1960 et au début des années 1970, les Balbuzards du bassin versant des Grands Lacs produisaient, en moyenne, de 0,4 à 0,7 petit par couple par année. Ce nombre était inférieur à la productivité nécessaire pour maintenir la stabilité de la population (0,8 petit), comme l'illustre la figure 3. Les effets les plus significatifs ont été observés chez les Balbuzards nichant le long des rives des Grands Lacs. Entre 1964 et 1971, les Balbuzards nichant à l'intérieur des terres dans le nord du Michigan ont produit une moyenne de 0,6 petit par couple tandis que ceux qui nichaient à moins de cinq kilomètres des rives des Grands Lacs n'en produisaient que 0,3. De plus, les oeufs de Balbuzards des Grands Lacs récoltés durant les années 1960 et 1970 avaient une coquille sensiblement plus mince que ceux récoltés avant la Seconde Guerre mondiale. Certains avaient la coquille amincie de plus de 20 % par rapport à la norme (voir la figure 4).

Figure 3 :
Productivité moyenne (oisillons menés à l'envol par nid occupé durant l'année) des Balbuzards dans certaines régions du bassin des Grands Lacs et du nord de l'État de New York, 1960 à 1974 et 1975 à 1991. La ligne brisée indique le « point zéro » présumé de production de 0,8 oisillon par nid occupé par année jugé nécessaire pour maintenir un nobre stable de reproducteurs.

Figure 4 :
Modification de l'épaisseur moyenne de la coquille des oeufs de Balbuzards dans la région des Grands Lacs depuis 1969. Les lettres renvoient aux régions illustrées à la figure 6.

Coquilles d'oeuf

L'impact des produits chimiques toxiques

On trouve une diversité de produits chimiques toxiques dans l'eau, les sédiments et la vie aquatique des Grands Lacs. Certains de cescontaminants persistants proviennent de sources industrielles dans lebassin des Grands Lacs, et datent d'avant le resserrement et l'application des règlements régissant les rejets dans l'environnement. Grâce à l'interdiction des substances toxiques telles que le DDT et le mirex, les concentrations de contaminants toxiques ont diminué. Aujourd'hui, les retombées atmosphériques contribuent de façon significative à l'accumulation de produits chimiques toxiques dans les Grands Lacs, les polluants provenant de sources bien à l'extérieur du bassin. Un grand nombre de ces produits chimiques ne se dégradent que très lentement dans l'environnement, leur impact demeurant source de préoccupation même bien des années après leur abandon.

Les résidus de certains produits phytosanitaires organochlorés et des diphényles polychlorés (PCB) sont particulièrement toxiques pour la faune. Ces composés toxiques sont lipophiles, c'est-à-dire qu'ils sont attirés par les molécules de gras auxquelles ils s'associent par un lien chimique. Les produits chimiques s'accumulent donc dans l'organisme par un processus nommé bioaccumulation. Une fois absorbées par le plancton dans l'eau, les molécules organochlorées gravissent les échelons du réseau trophique, des petits planctons au grands planctons, puis aux crustacés et aux autres invertébrés, aux petits poissons et, finalement, aux grands poissons prédateurs et aux animaux ichtyophages tels que les Balbuzards, les goélands, les sternes, les cormorans et les humains. À chaque palier du réseau trophique, le contaminant organochloré reste lié aux molécules lipidiques mais devient plus concentré, en vertu d'un processus appelé bioamplification. Ce processus permet à de minuscules concetrations de produits chimiques toxiques dans l'eau de se concentrer dans le corps des animaux, atteignant souvent des concentrations très élevées dans les organismes au sommet du réseau trophique.

L'oeuf du Balbuzard présente un instantané des contaminants toxiques présents dans le corps de la femelle au moment où l'oeuf s'est formé. L'analyse chimique d'oeufs provenant de la région de l'Amérique du Nord, où la reproduction des Balbuzards était déficiente dans les années 1960 et 1970, révèle une diversité de contaminants organochlorés. C'est le cas entre autres du DDT, un pesticide organochloré (utilisé pour la première fois au milieu des années 1940), et de son produit de dégradation, le DDE. On trouve également dans les oeufs de Balbuzards et dans divers tissus organiques des oiseaux (tels que le foie, le cerveau et les muscles) d'autres pesticides comme la dieldrine et les composés du chlordane ainsi que les diphényles polychlorés (PCB) et le mercure.

Les oeufs recueillis au début des années 1970 dans 20 nids de Balbuzards dans le nord-est du Michigan et le nord-ouest de l'Ontario contenaient un grand nombre de ces mêmes contaminants, mais en concentrations généralement inférieures au niveau critique présumé. Les niveaux critiques minimums des principaux contaminants dans les oeufs des oiseaux de proie (au-delà desquels onobserve fréquemment des effets défavorables sur la reproduction) sont d'environ 4 mg/kg pour le DDE, 1 mg/kg pour la dieldrine, 50 mg/kg pour les PCB et 0,5 mg/kg pour le mercure. Cependant, les niveaux de DDE dans plus des deux tiers de ces oeufs dépassaient 4 mg/kg - le niveau critique associé à un amincissement de la coquille de l'ordre de 15 % et un risque élevé de fêlure. Dans d'autres provinces et territoires canadiens, environ les trois quarts des oeufs de Balbuzards analysés durant les années 1960 et 1972 contenaient plus de 4 mg/kg de DDE, ce qui laisse entendre que l'amincissement de la coquille et le faible taux de reproduction qui en résulte ne se limitaient pas au bassin des Grands Lacs.

La baisse remarquable de la population des Balbuzards et de nombreuses autres espèces d'oiseaux semble attribuable, en grande partie, à un produit en particulier, le DDT. Même si d'autres produits chimiques toxiques peuvent avoir imposé aux Balbuzards un stress biochimique et physiologique, on comprend moins bien leurs effets sublétaux que ceux du DDT.

Tous les produits chimiques de synthèse ne sont pas toxiques pour les animaux sauvages. De nombreuses espèces possèdent des systèmes de défense biochimique capables de détoxifier certaines de ces substances étrangères. Cependant, les pesticides organochlorés et certains PCB sont relativement toxiques pour les animaux et les mécanismes des oiseaux de proie sont plutôt inefficaces pour l'élimination des contaminants lipophiles.

Le DDE et l'amincissement des coquilles d'oeufs

Le DDE et l'amincissement des coquilles d'oeufsL'aminicissement des coquilles d;oeufs est le premier problème de reproduction relié aux contaminants observé chez les oiseaux ichtyophages des Grands Lacs. L'amincissement des coquilles d'oeufs est causé par la présence de DDE chez les femelles. Les coquilles d'oeufs sont composées de carbonate de calcium, synthétisé à partir du calcium et du dioxyde de carbone dans le corps de l'oiseau. Cette réaction chimique est facilitée par l'activité d'une enzyme dont le DDE inhibe l'action. Conséquemment, la coquille est déficiente en carbonate de calcium, plus mince que la normale et plus susceptible de se fêler durant l'incubation par l'adulte. La contamination des femeles par le DDE modifie aussi la densité des pores dans la coquille (par lesquels s'effectuent les échanges d'humidité et de gaz).

Les oiseaux de proie sont parmi les espèces les plus sensibles aux effets du DDE. Durent les années 1970, des chercheurs américains ont établi un rapport significatif entre l'épaisseur des oeufs de Balbuzards et leur contenu en DDE. En moyenne, on parle d'un rapport entre un amincissement de 10 % de la coquille et 2 mg/kg (poids frais) de DDE, 15 % et 4mg/kg, et 20 % et 9 mg/kg de DDE. Une réduction de 15 % de l'épaisseur de la coquille des oeufs du Balbuzard par rapport à la normale les rend très susceptibles de se briser avant l'éclosion; le seuil critique de DDE dans les oeufs de Balbuzards semble donc être de 4 mg/kg.

Unités de mesure des contaminants toxiques

Les concentrations de produits chimiques toxiques dans l'environnement s'expriment souvent en milligrammes par kilo (mg/kg) ou milligrammes par litre (mg/l). Lorsqu'il s'agit d'oeufs d'oiseaux, les concentrations sont habituellement données en fonction du poids de la partie liquide de l'oeuf, c'est-à-dire son « poids frais ». C'est donc dire que mg/kg (poids frais) désigne le nombre de milligrammes de contaminants par mille grammes de contenu de l'oeuf. Pour vous aider à visualiser à quel point certains de ces d'un glaçon (5 grammes) dans un bloc de glace de 5 tonnes. Malheureusement, certains produits chimiques sont nocifs pour la faune même à ces concentrations très faibles.

Liste sommaire des contaminants

DDE

Le 1,1-dichloro-2,2-bis (p-chlorophényl) éthylène (DDE) est un « métabolite » (ou un produit de dégradation dans un organisme) du pesticide synthétique appelé dichlorodiphényl-trichloréthane (DDT). Chez la plupart des animaux, l'effort de l'organisme pour éliminer le DDT produit du DDE.

L'usage du DDT comme insecticide s'est répandu immédiatement après la Seconde Guerre mondaile. Le DDT a été interdit au Canada, pour presque tous les usages, en 1974, en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires. Toutefois, l'usage du DDT a été interdit aux États-Unis en 1972. Ce sont les concentrations de DDE et non de DDT qu'on mesure couramment, puisque le DDE est le métabolite le plus facilement mesuré dans le gras des animaux ou dans leurs oeufs. Malheureusement, l'usage du DDT est encore répandu dans certaines régions de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Sud en tant que méthode de lutte efficace contre les moustiques vecteurs du paludisme et divers insectes nuisbles aux cultures.

Les PCB

Les diphényles polychlorés (PCB) sont en usage depuis 1929. On compte 209 isomères du PCB (c'est-à-dire, types de PCB) qui diffèrent les uns des autres par le nombre et la position relatives des atomes de chlore dans la structure moléculaire du diphényle. Un petit nombre de ces isomères sont particulièrement toxiques et sont perçus comme responsables d'une proportion importante de la toxicité attribuable aux PCB chez les animaux.

Les PCB sont des molécules très stables et donc très recherchés pour des usages industriels. Toutefois, cette stabilité fait en sorte qu'ils persistent longtemps lorsqu'ils sont libérés dans l'environnement. La faible inflammabilité des PCB en fait des lubrifiants et des ignifugeants de choix dans les liquides d'isolation ou d'échanges thermiques employés dans les transformateurs et les condensateurs électriques. On les a aussi utilisés comme plastifiants et agents imperméabilisants ainsi que dans le procédé d'encrage du papier autocopiant. Les sociétés industrielles ont volontairement réduit la production de PCB en 1971. Au Canada, l'usage des PCB a été réglementé en 1977 en vertu de la Loi sur les contaminants de l'environnement. Aucun PCB n'a été produit en Amérique du Nord depuis 1978. L'importation de tout matériel électrique contenant des PCB a été interdite aprè 1980 et leur usage limité au metériel existant.

2,3,7,8-TCBB

La dioxine est le nom populaire d'une classe de composés d'hydrocarbure chloré appelée polychorodibenzoparadioxines (PCDD). Les PCDD, au même titre que les polychlorodibenzofurannes ou PCDF, sont des produits de certaines réactions chimiques associant de hautes températures à la présence de chlore. Seulement quelques-uns des 75 isomères de PCDD et des 135 isomères de PCDF sont hautement toxiques; les autres sont presque inoffensifs. La dioxine la plus toxique est le 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (2,3,7,8-TCDD), mais la considérablement selon l'espèce.

Des concentrations élevées de 2,3,7,8-TCDD dans l'environnement sont associées étroitement aux rejets de fabrication du 2,4,5-trichlorophénol (pour les produits de préservation du bois) et aux lieux d'enfouissement de déchets toxiques reliés à la fabrication de ce produit, tels que le canal Love, le long de la riviè Niagara. Des quantités importantes de 2,3,7,8-TCDD et d'autres composés organochlorés proviennent des retombées atmosphériques, sont liées àdes particules en suspension dans l'air, soit dans la pluie ou dans la neige, particulièrement dans le secteur supérieur des Grands Lacs. Les PCDD et les PCDF atmosphériques proviennent aujourd'hui des incinérateurs municipaux, qui brûlent toute une variété de composés chlorés laissés dans les ordures ménagères, et des gaz d'echappement des véhicules consommant de l'essence avec plomb ou du diesel (qui contiennent tous les deux des composés d'hydrocarbure chloré). Le blanchiment de la pâte kraft au chlore est une autre source de 2,3,7,8-TCDD, mais qui n'a pas encore été reconnu comme source importante des composés dans l'écosystème aquatique des Grands Lacs.

Mercure

Le mercure est habituellement présent dans le milieu naturel à de très faibles concentrations. Comme les composés organochlorés, il ist soluble dans le gras et le sang, se dégrade très lentement et est biocumulatif dans le réseau trophique aquatique. À faible niveau de fond, il ne cause pas de problème aux animaux et les oiseaux éliminent le mercure par la croissance des plumes, qu'ils perdent mercure est extrêmement toxique pour les animaux, et des concentrations aussi faibles que 0,5 mg/kg dans les oeufs des oiseausx de proie sont suffisantes pour tuer l'embryon.

Le mercure est présent naturellement, à faibles concentrations, dans le milieu. Toutefois, l'inondation de vastes étendues de forêt (comme c'est le cas durant la construction d'installations hydro-électriques) libère de fortes quantités de mercure dans l'écosytème aquatique. Le mercure a été largement utilisé dans les processus industriels du XXe siècle, notamment dans la fabrication des munitions, la fabrication de machines, la séparation d'autres métaux, l'industrie des pâtes et du papier et comme enrobage pour les semences dans les régions agricoles. Les données de plus en plus nombreuses attestant les effets chroniques et aigus du mercure sur la nature ont mené, au cours des années 1970, à une réglementation plus serrée des rejets et de l'utilisation du produit au Canada. Le mersure est maintenant utilisé, en quantités de plus en plus importants, dans certaines régions du bassin amazonien, où des prospecteurs font du lavage à la batée le long des ruisseaux et des tributaires. Les retombées atmosphériques sont maintenant une source importante de mercure dans l'écosystème des Grands Lacs.

Figure 5 : Augmentation du nombre de nids de Balbuzards occupés depuis 1960 dans diverses régions du bassin des Grands Lacs et du nord de l'État de New York.

Figure 6 : Répartition actuelle des Balbuzards nicheurs dans le bassin des Grands Lacs. Les lettres renvoient aux zones d'étude dont il est question aux figures 4,5 et 7 : A=Rivière St. Marys; B=Baie Georgienne; C=Lacs Kawartha; D=Réservoir Ogoki; E=Nord-Est du Michigan; F=Centre du Michigan.


Rétablissement récent des populations de Balbuzards

Le milieu des années 1970 constitue un point tournant pour les Balbuzards du bassin des Grands Lacs et d'autres régions de l'Amérique du Nord. Depuis 1972, l'usage du DDT a été grandement limité et les Balbuzards ont réussi à améliorer l'efficacité de leur reproduction au-delà du point zéro de 0,8 oisillon par couple. En général, ces niveaux de production ont été maintenus dans de nombreuses régions du bassin des Grands Lacs et ont souvent atteint une moyenne de 1,0 à 1,2 oisillon par couple dans certaines régions (voir la figure 3). En conséquence, les populations de Balbuzards des Grands Lacs ont augmenté sensiblement jusqu'! nos jours (tel qu'illustré à la figure 5). Au début des années 1990, des enquêtes réalisées dans toutes les régions américaines du bassin des Grands Lacs ainsi que dans certaines régions canadiennes ont révélé l'existence de 750 nids de Balbuzards occupés. La population est en réalité encore plus importante puisque la plus grande part du nord et du centre de l'Ontario n'était pas touchée par les enquêtes.

Les taux annuels moyens de croissance de la population varient de 7 % dans le nord du Michigan et de 8 % au Wisconsin à 10 à 15 % dans le sud de l'Ontario et 10 % dans le nord de l'État de New York. Ces taux d'augmentation de la population sont très semblables à ceux que l'on a observés chez les Balbuzards dans d'autres régions de l'Amérique du Nord gravement touchées par les effets du DDT. On assiste à une reconstitution des effectifs dans d'anciennes aires de nidification, le long des rives du lac Huron et du lac Michigan. Malheureusement, les Balbuzards ne sont pas encore revenus nicher le long des Grands Lacs inférieurs. La répartition actuelle des aires de nidification dans le bassin des Grands Lacs est illustrée à la figure 6.

Constatations récentes concernant les produits chimiques toxiques :

Les oeufs et les oisillons de Balbuzards provenant de toutes les régions du territoire de nidification des Grands Lacs contiennent encore une diversité de produits chimiques toxiques rémanents. La diminution des niveaux de DDE depuis le début des années 1970 s'est accompagnée de l'épaississement des coquilles d'oeufs. Les études au début des années 1990 ont révélé que très peu d'oeufs contenaient plus de 4 mg/kg de DDE ou avaient des coquilles dont l'épaisseur était réduite de plus de 10 % par rapport à l'épaisseur avant l'introduction du DDT. On ne retrouve plus couramment d'oeufs brisés dans les nids des Balbuzards des Grands Lacs.

Comme l'illustre la figure 7, les concentrations de la plupart des pesticides organochlorés dans les oeufs de Balbuzards du bassin des Grands Lacs ont baissé au cours des 20 dernières années, bien que quelques oeufs contiennent encore de nos jours des résidus de contaminants à des concentrations semblables à celles observées au début des années 1970. Contrairement aux autres produits chimiques, les concentrations de PCB dans les oeufs n'ont que légèrement diminué. D'autres composés tels que les polychlorodibenzodioxines (PCDD) et les polychlorodibenzofurannes (PCDF) sont possiblement beaucoup plus toxiques même s'ils ne se manifestent qu'en concentrations beaucoup plus faibles. Actuellement, les effets sublétaux de bien des contaminants sont peu connus.

Des études récentes démontrent que la plupart des contaminants se manifestent à des niveaux inférieurs au niveau critique présumé dans les oeufs de Balbuzards mais que les oeufs et les oisillons dans les nids des Grands Lacs sont habituellement plus contaminés que ceux qu'on trouve plus à l'intérieur des terres. Les poissons et les autres oiseaux ichtyophages témoignent des mêmes variations spatiales en ce qui a trait à ces contaminants, ce qui laisse entendre que les Balbuzards accumulent les produits chimiques toxiques par l'entremise du réseau trophique. En 1992, les concentrations des PCDD (2,3,7,8 - TCDD) et des PCDF (2,3,7,8 - TCDF) les plus toxiques étaient en général plus élevées dans les oeufs des Balbuzards du lac Huron que ceux récoltés plus loin à l'intérieur des terres. Récemment, on a observé des niveaux beaucoup plus élevés de ces composés dans les oeufs des Balbuzards provenant des environs d'usins de pâte en Colombie-Britannique et dans les oeufs de Goélands argentés et de Pygargues à tête blanche autour des Grands Lacs.

Les concentrations de mercure ont peu changé au cours des 20 dernières années et n'ont pas dépassé le niveau critique de 0,5 mg/kg dans les oeufs de Balbuzards du bassin des Grands Lacs. Les concentrations moyennes les plus élevées ont été observées dans le réservoir Ogoki, au nord du lac Supérieur, qui avait été endigué après la Seconde Guerre mondiale. Lors de la création d'un réservoir, l'inondation des forêts libère dans l'environnement aquatique des quantités relativement importantes de mercure, présent naturellement dans les arbres, au fur et à mesure que la végétation se décompose.

Figure 7 : Concentrations de contaminants (moyenne géométrique et maximum, mg/kg, poids frais) dans les oeufs de Balbuzards de diverses régions du bassin des Grands Lacs, 1971 à 1992. Les lettres renvoient aux endroits illustrés dans la figure 6. (52k gif)

Autres facteurs ayant une incidence sur les Balbuzards des Grands Lacs :

  • Certaines activités et interventions humaines ont favorisé la croissance récente des populations de Balbuzards nicheurs. Cette croissance est survenue à cause des restrictions imposées sur l'usage et le rejet du DDT et d'autres produits chimiques toxiques et de la construction de plates-formes artificielles stables où les Balbuzards peuvent construire leur nid. Des groupes écologiques locaux et des personnes intéressées, souvent aidés par desprogrammes gouvernementaux destinés à améliorer l'habitat sauvage, ont installé, au cours des 10 à 15 dernières années, diverses plates-formes à nicher, adaptées aux besoins des Balbuzards. En fait, les plates-formes pour Balbuzards ont connu un tel succès dans bien des régions que même les personnes riches et célèbres, désireuses de contempler une plate-forme de leur maison d'été, ont vu leur nom placé sur une liste d'attente!
  • Au Wisconsin, en 1972, 67 % des 364 nids de Balbuzards étaient construits sur des installations artificielles, principalement des plates-formes ou des poteaux d'électricité. Dans le sud de l'Ontario, la proportion était d'environ 40 %. Les grands arbres mûrs, situés à proximité de l'eau, prisés pour la nidification, sont maintenant rares dans bien des régions à cause de l'intensification des coupes sélectives, de l'assèchement des terres humides et de l'aménagement du littoral. Des plates-formes convenant à la nidification, construites sur de petits îlots rocheux ou aux abords d'un peuplement de quenouilles, ont souvent été occupées par des Balbuzards nicheurs dans l'année qui a suivi leur installation. C'est là la preuve qu'une pénurie d'endroits où nicher offrant un habitat naturel convenable limite l'importance de la population et l'aire de nidification dans certaines régions du bassin des Grands Lacs. En outre, les nids placés sur des plates-formes ou des poteaux sont relativement stables et moins susceptibles d'être jetés à terre par le vent, tout en étant moins accessibles aux prédateurs tels que les Ratons laveurs.
  • Ce qui est plus important, c'est que l'attitude du public à l'égard des questions environnementales s'est modifiée radicalement depuis le début du siècle et que la plupart des gens veulent maintenant observer et protéger les oiseaux tels que les Balbuzards.
  • Les populations de poissons dans les Grands Lacs ont connu des transformations importantes au cours du siècle, principalement les espèces d'eau libre telles que le Gaspareau, l'Éperlan arc-en-ciel, le Doré jaune et le Touladi. Les Balbuzards se nourrissent dans des eaux relativement peu profondes, environ un à deux mètres d'eau, en consommant des espèces d'eau tempérée telles que le Crapet soleil, le Malachigan, le Crapet de roche, la Barbotte brune, la Perchaude et le Grand Brochet (figure 2). La transformation des stocks de poissons d'eau libre n'a peut-être pas eu la même influence sur les populations de Balbuzards que sur d'autres oiseaux ichtyophages tels que les goélands, les sternes et les cormorans.
  • Au cours du XXe siècle, les eaux peu profondes et les habitats côtiers ont été grandement modifiés à cause de l'aménagement du littoral et de la disparition de la végétation naturelle, en particulier dans les régions plus peuplées. Même si ces changements ont pu entraîner la disparition des frayères, il est possible que d'autres changements tels que l'eutrophisation (la surfertilisation en sels nutritifs attribuable principalement au ruissellement des engrais provenant des terres cultivées), l'empoissonnement et l'endiguement des lacs aient amélioré les conditions d'alimentation des Balbuzards dans certaines régions.
  • Les Ratons laveurs sont des prédateurs redoutables des oeufs de Balbuzards dans certaines régions; leur nombre a augmenté et leur territoire s'est étendu de façon constante au cours des dernières années. Les ratons laveurs nagent jusqu'au nid des Balbuzards dans les lacs peu profonds et peuvent même grimper des arbres de 15 mètres de haut ou des poteaux de téléphone pour piller une ponte. L'installation de dispositifs de protection en tôle contre les prédateurs au pied des poteaux et des arbres s'est avérée efficace comme moyen de réduire la prédation.
  • Le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) exerce habituellement une dominance sur les Balbuzards, les expulsant de leur lieu de nidification et leur volant leurs poissons. Cette espèce effectue un lent retour dans le bassin des Grands Lacs et pourrait forcer les Balbuzards, dans certaines régions, à se déplacer vers des habitats plus marginaux. Contrairement au Balbuzard, cependant, le Pygargue à tête blanche est extrêmement sensible aux perturbations humaines à proximité de son nid, particulièrement durant la période d'incubation, et il est peu probable qu'il reconstitue ses effectifs sur les rives des Grands Lacs, où l'on trouve une forte densité de résidences secondaires et d'activités récréatives.
  • Les conditions météorologiques peuvent avoir des effets dramatiques sur lareproduction des Balbuzards. Les vents forts peuvent jeter certains nids par terre, en particulier ceux qui sont construits en équilibre sur des chicots ou de minces poteaux d'électricité dans des endroits exposés. Des pluies abondantes, des températures fraîches et des vents forts durant les premiers jours après l'éclosion peuvent causer une forte mortalité chez les petits du Balbuzard et limitent souvent le succès obtenu par le mâle dans sarecherche de nourriture. De tellesconditions se sont présentées en juin et en juillet 1992 et ont occasionné une mortalité exceptionnellement élevée chez les oisillons dans la plupart des régions du bassin des Grands Lacs.

Nichoirs artificiels sur un îlot rocheaux


L'importance de ces changements

Les Balbuzards, comme certains des autres animaux au sommet du réseau trophique, semblent avoir réagi assez rapidement à la présence de certains produits chimiques toxiques dans leur alimentation. Les effets les plus évidents ont été l'amincissement de la coquille des oeufs causée par le DDE, la décroissance subséquente de la population des Balbuzards et même sa disparition dans certains endroits. La décroissance des populations de Balbuzards en Nouvelle-Angleterre durant les années 1950 et 1960 a été l'un des premiers signes donnés aux naturalistes des problèmes graves dans l'environnement; elle a mené à la découverte de l'effet du DDT sur les oeufs. Seulement quelques années après l'interdiction du DDT, les Balbuzards se sont mis à se reproduire avec plus de succès et à reconstituer leurs effectifs dans certaines de leurs anciennes aires de nidification autour des Grands Lacs. En ce qui concerne les niveaux de DDT, le Balbuzard a été un bon baromètre de la qualité de l'environnement.

La remontée récente de la population des Balbuzards témoigne-telle d'un retour à la santé de l'écosystème du bassin des Grands Lacs? Les Balbuzards des Grands Lacs sont encore contaminés par un grand nombre de produits chimiques toxiques. Cesconcentrations sont heureusement plus faibles que dans les années 1960 et 1970. Les effets biologiques d'un grand nombre de cescontaminants sont encore mal compris. Les Balbuzards ne nichent toujours pas sur les rives des Grands Lacs inférieurs, même si l'on y retrouve des lieux de nidification et d'alimentation qui paraissent convenables. Seules des recherches et des observations attentives permettront aux biologistes d'en préciser les raisons.

Il y a trois ans, les spécialistes ne connaissaient presque rien de l'écologie des Balbuzards des Grands Lacs. Les études récentes ont porté sur quelques régions clés, mais les résultats qui concernent ces régions ne s'appliquent pas nécessairement à tous les Grands Lacs. Actuellement, les biologistes n'ont pas suffisamment d'information sur certains paramètres tels que le taux de survie des adultes et des oiseaux immatures, l'âge du premier accouplement et la tendance des oiseaux élevés dans des régions plus contaminées, le long des principales rives des Grands Lacs, à retourner sur les lieux de leur naissance pour nicher.

Une espèce au sommet du réseau trophique peut nous en dire long sur la qualité de l'habitat dans lequel elle vit. En bout de ligne, elle peut servir d'indicateur utile aux humains quant aux effets indésirables que peuvent avoir certaines activités sur le milieu naturel. Le Balbuzardest, à cet effet, une bonne espèce indicatrice parce que, contrairement à certains autres prédateurs de niveau trophique supérieur tel que le Pygargue à tête blanche et la Loutre de rivière, il est remarquablement tolérant des humains et niche souvent près des habitations ou des zones d'activités récréatives relativement intenses. Aujourd'hui, le grand public considère le Balbuzard comme un symbole d'un écosystème sain et productif.

Bien des gens apprécient tout simplement la vue d'un Balbuzard pêchant son repas, gardant son nid ou voltigeant dans le ciel. À mesure que le Balbuzard se manifeste plus fréquemment dans le bassin des Grands Lacs, certaines personnes observent pour la première fois cet oiseau spectaculaire, plongeant dans l'eau d'une très grande hauteur. Des groupes communautaires et des regroupements de naturalistes ont travaillé de concert avec des organismes gouvernementaux dans diverses régions du bassin des Grands Lacs pour installer des plates-formes artificielles de nidification pour les Balbuzards et pour installer des dispositifs de protection contre les Ratons laveurs sur les poteaux où nichent les oiseaux. Ces efforts contribuent à la reconstitution des populations de Balbuzards, en particulier dans les régions où il semble y avoir pénurie de lieux de nidification naturels. Ces efforts decollaboration sont une bonne façon de regrouper les membres de la collectivité pour qu'ils travaillent à l'amélioration de la qualité globale de l'environnement que nous partageons avec une quantité d'espèces sauvages.

 

Source : http://www.on.ec.gc.ca/wildlife/factsheets/fs_osprey-f.html

- Par Pandion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Mardi 3 mars 2009









- Par Pandion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Mardi 3 mars 2009
Voici le nom du Balbuzard pêcheur dans une grande série de langues, ce qui prouve que l'espèce est cosmopolite et présente une répartition très large ans le monde.

afrikaans: Visvalk
arabe: العقاب النسارية, العقاب النسارية عقاب, العقاب النسّاري
asturien: Aigla Pexera, Aigla Piescadora
azéri: Çay qaraquşu
biélorusse: Скапа
bulgare: Орел рибар, Речен орел
breton: An erer splujer, Erer-dour, Erer-spluj
catalan: Àguila peixatera, Àguila pescadora
Catalan (Balears): Àguila peixatera
Valencian: Àguila pescadora
créoles et pidgins français: malfini
tchèque: orlovec øíèní, Orlovec rícní, Orlovec říční, Orlovec říčný
gallois: Eryr y dwr, Eryr y mor, Eryr y môr, Eryr y pysgod, Gwalch y môr, Gwalch y pysgod, Gwalch y weilgi, Pysg eryr, Pysgeryr
danois: Fiskeørn
allemand: Fischadler
grec: Ψαραετός
anglais: American Osprey, Fish Hawk, Osprey
espéranto: Fi^saglo, Fiŝaglo
espagnol: Águila calzada, Águila de Mar, Aguila Pescadora, Águila Pescadora, Áquila pescadora, Gavilán Pescador, Guincho
Spanish (Argentine): Aguila Pescadora, Águila pescadora
Spanish (Costa Rica): Aguila Pescadora
Spanish (Dominican Rep.): Guincho
Spanish (Honduras): Aguila Pescadora
Spanish (Mexico): águila pescadora, Gavilán Pescador
Spanish (Nicaragua): Aguila Pescadora
Spanish (Paraguay): Águila pescadora
Spanish (Uruguay): Águila Pescadora
estonien: Kalakotkas
basque: Àguila pescadora, Arrano arrantzale, Arrano arrantzalea
finnois: kalasääski, Sääksi
féroïen: Fiskiørn
français: Aigle botté, Aigle pêcheur, Balbuzard, Balbuzard fluviatile, Balbuzard pêcheur
frioulan: Falcuz pescjadôr
frison: Fiskearn
irlandais: Coirneach, Iascaire coirneach
Guadeloupean Creole French: Aiglon, Gligli montagne
gaélique: Càirneach, Iolair-Iasgaich, Iolar Uisge
galicien: Aguia pescadora, Àguila pescadora, Càirneach
guarani: Taguato rye morotî
manx; mannois: Shawk eeastee
Haitian Creole French: Malfini lanmè
hébreu: שלך
croate: Bukoc, Bukoč, Jastrebac cipolaš
hongrois: Halászsas
arménien: [Jrartsiv ],
Ջրարծիվ
indonésien: Elang ikan, Elang laut burik, Kwéa
islandais: Gjóður
italien: Falco pescatore
japonais: misago, Shokyu, Su-dori, Uo-taka
japonais:
ウオタカ, ショキュウ, すどり, ミサゴ
géorgien:
შაკი
Khakas: Сатхыс
kazakh: Балықшы, Балықшы тұйғын
coréen:
물수리
cornique: Morer
latin: Pandion haliaetus, Pandion haliaëtus
lituanien: Erelis žuvininkas, Žūklininkas, Žuvininkas, Žuvinis vanagas
letton: Ķirāns, Ķirlāns, Zivjērglis, Zivju ērglis
macédonien: Орел рибар
mongol: Явлаг сар
moldave: Acvila pitică
malais: Helang Hitam, Helang Tiram
maltais: Arpa
néerlandais: Visarend
norvégien: Fikejo, Fiskefalk, Fiskeørn, Jo
ojibwa: ᐱᒋᑯᑲᐧᓀ,ᒥᑭᓯ
polonais: rybolów, Rybołów
portugais: águia pesqueira, Aguia-pescadora, Águia-pescadora, Águia-pesqueira, caripira, gavião-caipira, gavião-caripira, gavião-do-mar, gavião-papa-peixe, gavião-pescador, guincho
portugais (Brésil): Águia-pescadora, águia-pesqueira, caripira, gavião-caipira, gavião-caripira, gavião-do-mar, gavião-papa-peixe, gavião-pescador, guincho
Romansh: Evla da peschs
russe: Skopa, Скопа
écossais: Iolaire lasgaich, Iolar uisge
sami du Nord: Ciekcá
slovaque: Kršiak rybár, Kršiak rybožravý, kršiak rybožravý (kršiak rybár)
slovène: ribji orel
albanais: Shqiponja peshkngrënëse
serbe: orao ribar, Орао рибар
suédois: Fiskgjuse
swahili: Kipungu, Koho, Korho
thaï:
เหยี่ยวออสเปร
turc: Balık kartalı, balyk kartaly
touva: балык-тевер, Шишкииш, Шээшкиш
ukrainien: Скопа
vietnamien: Chim ó cá, Chim ưng biển, Ó cá
chinois: [e], [yu-ying],
魚鷹, 鱼鹰, (魚鷹),
Chinese (Taiwan): [yu-ying],
魚鷹


- Par Pandion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Recherche

Coin des branchés, en direct..

Les mammifères rares du Loiret.....
Les informations qui suivent n'ont jamais été publiées et sont récentes. 

Chat forestier

* 16 juillet 2006. 20h10. Massif de Lorris / Etang. 2 ind. en rut, miaulant. Au sol et ensemble, détalent à l'arrivée de l'observateur (Philippe Doré).

* 13 août 2006. 21h05. Etang du Ravoir. Un ind. apparemment jeune et seul, à 10m, franchissant un fossé. Au bruit de l'appareil s'enfuit d'un seul bond derrière un tas de bois. (François Baillon)

* 08 avril 2007 : Surpris en bordure de l'étang du Ravoir, à environ 5m, à 08h00. A la recherche de C.amphibie ou grenouille ? (François Baillon)

*Observation à 60m de Patrick Berry & François Baillon, d'un ind. seul traversant la piste de Marville à assez vive allure. printemps 2008.

Année 2008 : Deux témoignages fiables et validés en propriété privée (2 différentes), l'une au sud de massif de Lorris, la seconde dans l'Est du département, attestant : 1). Un chat sortant d'un arbre mort tombé au dessus d'un marécage, en 2006.  2). Deux obs. différentes d'un chat dans des éboulis d'une ruine et qui, dérangé spar un chien s'enfuit dans un rideau de lierre.

Deux autres témoignages en 2008 : 1). Par Julien Thurel, d'un chat capturé par un garde, photographié dans une cage et relaché. 2). Par Arnaud Darondeau, d'un chat trouvé dans un piège à ragondin au bord d'un étang et relaché.

Enfin, témoignage validé de Claude Simonnet (2006 ?) d'un chat sauvage surpris à la sortie d'un trou de ragondin sur une êle de la Loire sur la commune d'Ouzouer sur Loire (Recueillie par F. Baillon)


Genette commune

Est Loiret : Un individu a été observé, dans les phares blancs d'un véhicule à l'arrêt,  à 02h00 du matin, dans l'Est du département (1980 ?) par François Baillon, en fin d'été. Est de Courtenay. L'observateur connait particulièrement bien cette espèce (32 ans passés en Afrique ou cette espèce se retrouve également sur toute la zone sahélienne.

* 2008 : Deux témoignages recueillis par F. Baillon, l'un dans les environs de Gien (45) ou le propriétaire d'un domaine de 250ha a observé une genette durant l'hiver 2007 et également rencontré un individu mort quelques années auparavant sur le même secteur. Plus à l'Est (Vers La Bussière) un expert forestier a observé une genette sortant d'un bois en fond de cuvette, au printemps, à 19h30. L'animal s'est rappoché de lui en sautant et ce dernier (en véhiecule  4x 4) a pu l'observer à la jumelle. Puis a vérifier l'identité de l'animal au Chateau de la Bussière.


Cliché du secteur (Loiret) ou a été observée une des genettes signalées sur le site !
La Chouette de Tengmalm, la Cigogne noire, l'Outarde canepetière et le Pygargue m'ont été signalés (F. Baillon).

Loutre


En 2008, trois données fiables après plusieurs informations fantaisistes ou imprécises dans le Gâtinais, sur le Montargois en particulier. D'autres données solognotes, déjà connues, ne sont pas mentionnées ici.
* Une donnée du côté de St Père sur Loire mais qui n'est pas un scoop. sur les rives de Loire et île du secteur.
* Une donnée à proximité de Briare qui a d'ailleurs été photogrpahiée.
* Une donnée plus surprenante, recueillie en 2008 par F. Baillon, mais réalisée en 2006 dans un pré herbeux à proximité d'un ruisseau, à 20km de Montargis.
Il s'agissait probablement d'un jeune ind.


Moins rares mais néanmoins fort passionnants la Martre et le Putois auront leur place ici dans quelques temps.



Automne 2008

Les dernières observations remarquables en Région Centre.

Nous relaterons ici les observations remarquables d'oiseaux ou mammifères en Région Centre sous une forme simple, avec, le cas échéant des clichés de bonne qualité. Les faits marquants (migrations, mortalité par exemple ) pourront également être publiés.  A vos claviers donc...

Automne-hiver 2008
* Buse féroce à Barville (Loiret), encore présente à Noel (Alban Larousse/G.Pandion)
* Vanneau sociable (Sud Touraine), 15 octobre 2008 puis aussi nov.
* Sterne caspienne (Rillé), mi octobre 2008
* Faucon émerillon (Bellegarde-Loiret) en octobre 2008 (F. Baillon/G.Pandion)
* 12 sept. Faucon émerillon à Egry
* 12 sept. Phalarope à bec étroit à Ruan (45)
* Pygargue ds le Massif de Lorris (25déc.). Lartigau.


Hiver 2009

1ère décade de janvier:
-Pygargue à queue blanche adulte toujours en Forêt d'Orléans dans le massif de Lorris (Quintard, Baillon, Doré).
-1 Faucon pèlerin (observé parcelle 52 massif de Lorris)- F. Baillon, le 7/01.
-1 milan royal le 11/01, Est du massif de Lorris (Cyril Maurer)

-le 4/01 sur le lac de barrage de Sidiailles (18, limite 03) : 1 PLONGEON CATMARIN (Antoine Rougeron)

-La Buse féroce rufinus rufinus revue le 6/01 tjs présente autour de l'A19 (Alban Larousse),
le 11/01 à l'Est de Barville (Cyril Maurer)
(1er cas d'hivernage pour l'espèce au Nord de la France).
-1 Pie-grièche grise !! le 19 janvier sur la commune de Dampierre localisée par Alban Larousse
-5 Pie-grièches grises hivernantes en forêt domaniale d'Orléans durant l'hiver 2009 (J. Thurel)

-9 cygnes chanteurs en vol au dessus du ravoir le 26/01/09(A.Larousse, J.Thurel)
-Pygargue adl tjs présent le 26/01
-1 fauco
pèlerin en vol N-E/commune de Lorris 26/01(A.Larousse)
-1 pie-grièche grise à Bauchamps-sur-Huilliard le 24/01/09 (A.Larousse)

-2 m. garrot à oeil d'or + 3 ind au Ravoir 26/01 (A.Larousse)

-4 Cygnes de Bewic
k à l'étang de Galetas le 1er/02 (J-P Siblet)
-Buse féroce toujours présente à Barville-en-Gâtinais le 1er et 2/02 (J-P Siblet / A. Larousse)
Elle fréquente  toujours le bois de "Butte Chaumont",
la voie ferrée, les pylônes et les bosquets le long du Renoir: 
Barville-en-Gâtinais / Romainville ("la bretonnière") depuis la D95O. 
Le 14, 16-17/02 (Julien Souchard / A. Larousse) et le 22/02 (Raphaël Chaussis/obscentre)


Cas d'hivernage et observations en 2009 de balbuzard

-1 individu observé sur le littoral audois le 2/02 entre Pissevaches et Vendres (comme en 2008 et à des dates similaires), puis le même ou un autre individu sur l'étang de Vendres dans le 34 les 16-17-18/02/09 
 (par Dominique Clément, Hervé Picq, Antoine Chabrolle, F. Morlon)
-1 balbuzard observé avec un gros poisson ds les serres au marais d'Orx (40) le 7/02/09 (Aymeric Le Calvez)


Cas de présence de Balbuzard
au printemps

20-03-09

Etang de la Mordorée / Ambernac

Dept / Rég  Charente (16)

Source : Laurent PRECIGOUT

 

20 mars 2009

1 Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Saint-Clément-des-Levées

Samuel Havet /lpo anjou

 

17 mars 2009

1 Balbuzard pêcheur Pandion haliaetus

Cantenay-Épinard

Gilles Mourgaud

Patrice Charrier

 

22/03 ad avec proie aux Pistols, Fleury (11) : individu apparemment présent depuis une dizaine de jours et souvent vu avec des proies...

le 24/03 à Sète en migration active : 1 imm aux Salins du Villeroy, 1 en mer depuis le port

Karsten

 

obs49. Patrice Bizien.

26 mars 2009

ce matin 8h45,2 balbuzards au dessus du lac + 1 troisième devant le front de Maine

Date : 26 mars 2009

Balbuzard pêcheur : 1 capture un très gros poisson type mulet ou chevesne

Julien Présent

 

Date : 26 mars 2009 

Obs d'un balbuzard à la baumette

Elasri jennifer


27 mars 2009 15:01:38

Balbuzard pêcheur : 1 La Chapelle aux Naux 37

En compagnie de C. Renaud ce matin, de F. Besson et J.-M. Chartendrault cet après-midi : Lignières :
Balbuzard pêcheur : 1

Julien Présent


28 mars 2009 

2 Balbus aujourd'hui à Grée et toujours les 2 mêmes perchoirs utilisés.

Yves Trevoux

 

Chalonnes     29 mars 2009 

1 Balbuzard perché sur frêne mort habituel avec gros mulet

Jean-Claude Beaudoin

 

29 mars 2009 

Hier, balbuzard à Méobecq

Laurent Duhautois


4 avril 2009 

A Noizay « L’Ile Perchette » avec Laurent le Gal : 1 balbuzard pêcheur en vol haut vers l’ouest

Julien Présent


Balbuzard en 28

4 avril 2009, 1 balbuzard  fait une démonstration de pêche sur l'étang de Fontaine Simon (Perche ,28).

Censé Thierry

 

Olivier Simon

Date : 6 avril 2009


Un balbuzard passe à 11 heures au dessus de la colonie de mouettes de
Montlouis sur Loire, il est aussitôt harcelé et remonte le fleuve.

Balbuzard sur l'Authion  2 avril 2009

J'ai aperçu un balbuzard en bord d'Authion le 31 mars au niveau du pont de Corné.
J'espère juste pour lui qu'il n'était que de passage, en route vers la Loire.

Clarke Ralph

Olivier Simon

10 avril 2009 

Vers 18h, observation d'un balbuzard pêcheur au dessus de la colonie de 

mouettes de Montlouis sur Loire en pompe et prenant la direction du nord ouest.


Balbu en charente

12 avril 2009 

Aujourd'hui sur un étang privé tout prés du Lindois en Charente,un balbuzard est resté la journée a pêcher et à ce toiletter.

Jean-Marie Lavoue

/ La Pointe de Bouchemaine, 15 avril : 1 Balbuzard pêcheur en vol

Edouard
















A lire...

A la une....

Le Balbuzard pêcheur est à la une sur le site de CLS à Toulouse...

http://www.cls.fr/html/solutions/wildlife/
news/200810_fr.html


Décembre 2008

Les travaux du groupe Pandion / IRD à la une sur le site officiel Argos

Allez sur http://www. argos-system.org

Présentation des programmes de protection et de suivi du balbuzard en Europe.






Texte Libre

Afrique....

 

Lors de sa dernière mission de sept jours en décembre au PNOD (Parc National des Oiseaux du Djoudj), généralement considéré comme le troisième Parc ornithologique du monde pour sa capacité d’accueil (3 à 4 millions d’oiseaux sur 16.000 ha – mais n’on n’y compte pas les petites espèces !), François Baillon a relevé pas moins de 18 contacts différents de Balbuzard, dont trois étaient bagués (trois couleurs différentes et bagues métal), originaires de trois pays différents de l’ouest paléarctique. Un oiseau avec une bague orange et stationné depuis septembre 2005 et suivi chaque semaine serait originaire d’Ecosse.

Par ailleurs un suivi des balbuzards présents comme hivernants sur la plage de Hann à Dakar entre septembre et fin décembre 2005 fait état de 17 oiseaux différents. L’un d’entre eux, récupéré par un pêcheur, encore vivant mais avec une patte brisée et bagué d’Allemagne est mort dans mon laboratoire le jour même. Des prélèvements cloaquaux, du bulbe rachidien, du sang et des plumes ont été effectués et envoyés aux USA et en Thailande. Nous attendons les résultats.

 

Sénégal : Un décompte sur l’ensemble des côtes sénégalaises déjà entrepris dans les années 90 par François Baillon est de nouveau programmé pour 2006. Les derniers relevés avaient donné la présence simultané d’une centaine d’oiseaux, sans compter les effectifs dans les zones deltaïques du nord (Djoudj et lac de Guiers), du Centre (Delta du Siné Saloum) et du Sud du pays (Basse Casamance).

 

Burkina Faso : En 2005, les principales secteurs d’hivernage de l’espèce on été identifiés sur l’ensemble du pays, dont l’un , proche de la frontière ghanéenne s’avère être un milieu récent mais très propice (Barrage artificiel). Vingt sept oiseaux y étaient cantonnés lors d’une prospection en pirogue en 2005.

 

Cameroun : Assez peu présent sur la côte camerounaise, il est en revanche régulièrement observé dans le nord du pays. Mais un secteur très enclavé a été identifié par F. Baillon en 1999 dans le centre du pays, situé au contact de la mosaïque péri-forestière, en Tikarie ou quelques pygmées Medzan résident. Ces derniers possèdent le Balbuzard (ainsi d’ailleurs que la Bondrée !) dans leur bestiaire symbolique. 

 

Plus généralement il est important de savoir que le Balbuzard pêcheur, lors de son hivernage en Afrique subsaharienne couvre des milieux très diversifiés qui s’étendent des zones sahariennes de la Mauritanie aux limites de la forêt équatoriale continentale, comme c’est le cas au Cameroun. Sur les littoraux de l’ouest africain il fréquent aussi bien les cordons dunaires que les mangroves et peut former des minis dortoirs. Il pêche également sans distinction en pleine mer (souvent en lisière des vagues déferlantes) ou dans les petites mares de quelques ares, au milieu des varans et des crocodiles. L’un d’entre eux a été vu à Nazinga, perché à 5m d’un troupeau d’éléphant dont un individu déféquait dans l’eau (ce qui a comme effet rapide d’attirer les poissons).


Un exploit photographique....

Carte générale de l'itinéraire de "Tom" ce jeune Balbuzard pêcheur équipé d'une balise Argos en forêt d'Orléans en été 2006 et qui traversa la France en moins d'une semaine, l'Espagne puis alla passer tout l'hiver et le printemps suivant au Portugal. Sur les rives du Tage ou il apprit le goût de l'eau salée, la saveur des morues, admiré le vol des flamants roses au dessus des périmètres rizicoles.

Le voici ci-dessous, photographié quelques jours après la pose de la balise sur son dos, en forêt d'Orléans et quelques mois plus tard, localisé par un ornithologue (J. Viana) qui, avec l'aide des coordonnées satelitaires envoyées le matin même réussit l'exploit de le retrouver...


 

 

 

Tom le 18 juillet 2006 (Cliché B. Quintard) sur la commune de Montereau (45) et Tom, le 12 décembre 2006 (soit 5 mois) sur les rives du Tage (Portugal), et .....2000 km plus bas

 

Une aire particulière..... 

nitiée en août 2007 par un individu seul, non bagué, cette aire située en propriété privée a été de nouveau restaurée  dès le début mars 2008 par le même individu, puis au départ inexpliqué de ce dernier, par un couple qui a vu sa nichée naître beaucoup plus tardivement que la moyenne régionale...

 

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus